Régions, départements, communes : la casse sociale

Publié le par Gérard PIEL

L’accélération de la réforme territoriale et administrative du pays vient de passer à une vitesse supérieure. Le pouvoir n’a pas l’intention de mettre en débat ou pire pour lui de permettre aux citoyens de choisir la fusion des régions, la disparition des départements et des communes.

Le choix libéral de calquer l’organisation territoriale de la France sur d’autres pays européens qui n’ont pas la même histoire, la même culture y compris la même géographie, n’est pas discutable pour François Hollande et son gouvernement.

Voilà le vrai retournement. Il n’est pas économique mais bien politique. Un pays avec dix ou douze régions, une dizaine de mégapoles et des regroupements de communes.

On est loin, très loin de ce que disait le PS quand Sarkozy voulait imposer une réforme des départements et des régions…. On est encore plus loin de ce que portait François Hollande dans sa campagne électorale.

Je ne développerai pas le pactole qui s’ouvre ainsi aux grands groupes des travaux publics, de l’eau, de l’énergie, des déchets, les monopoles capitalistes vont ainsi bénéficier de structures publiques au « bon niveau d’exploitation».

Les compétences étant bien définies entre métropoles et régions, quelle place restera-t-il pour les choix politiques de gestion direct, de délégation des services publics ?

En réalité, il faudra des élus techniciens qui n’agiront plus en fonction de choix politiques mais en réponse aux injonctions du marché.

Le lien avec l’Europe et ses directives, les politiques libérales suivies en France depuis vingt ans et les concentrations territoriales seront renforcées et la boucle sera bouclée.

Ne nous trompons pas, ce n’est pas l’acte 3 de la décentralisation qui est proposé mais tout le contraire, une réelle concentration des pouvoirs dans les mains d’un consortium économico-politique où la décision sera seulement économique.

Alors que cela ne fait que quelques jours que François Hollande a annoncé sa volonté de casse territoriale, le projet de loi est déjà présenté au prochain conseil des ministres. Faire vite pour éviter toute mobilisation citoyenne tel est le leitmotiv mais comment expliquer aux élus, en l’occurrence régionaux, que le travail sur le budget 2015 est virtuel, que les 27 millions d’euros qui vont être prélevés sur les budgets 2015-2016-2017 du Conseil régional PACA ne sont pas compensés ?

Comment expliquer l’explosion du budget régional de la formation professionnelle qui prend en charge les chômeurs en fin de droit en rémunérant les stages alors que c’est bien de la responsabilité du gouvernement ?

Comment expliquer que le budget du Conseil régional doit financer la commission décidée par l’Etat qui met en place la métropole marseillaise ? Etc… Etc…

Non seulement cette « réforme » est antidémocratique mais elle précipite un peu plus les collectivités dans le mur de l’austérité.

J’espère que la raison sera gardée et que pour le moins on consultera avec un referendum en bon et due forme le peuple sur un changement profond de la lame de fond de notre organisation démocratique et sociale du pays.

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