Stop au démantèlement des collectivités

Publié le par Gérard PIEL

François Hollande a confirmé sa volonté de supprimer les départements, de réduire autoritairement le nombre de régions en les fusionnant permettant ainsi aux grands groupes multinationaux de bénéficier de nouveaux marchés avec la casse des services publics. Que ce soit l’eau, l’énergie, le traitement des déchets, les transports publics, la santé, les grands groupes ont trouvé dans les métropoles et les nouvelles régions des débouchés juteux à la mesure de leur avidité.

Mais pour expliquer la fin de l’organisation territoriale de notre pays construite depuis des décennies, il faut des arguments à Hollande, ce sont les mêmes que Sarkozy.

Nos régions sont trop petites disent-ils.

Faux, avec 25 000m2 en moyenne, les régions françaises sont plus vastes que les lands allemands (21 000m2) ou les provinces italiennes (15 000m2), nos régions sont parmi les plus grandes d’Europe ! Voilà pour le premier mensonge.

Là où il y a un vrai défaut, c’est sur le montant des budgets des régions françaises, nettement inférieurs aux régions allemandes ou espagnoles. Fusionner deux régions pauvres ne servira pas à grand-chose sauf à faire une région pauvre plus grande.

Autre raison invoquée par Sarkozy et Hollande, le fameux millefeuille. IL y aurait un échelon administratif en trop !

Pourtant, la quasi-totalité des pays européens ont aussi leurs communes, leurs départements, leurs régions. La spécificité française est ailleurs : les départements ont plus de compétences que les régions à contrario des autres pays et nos communes sont beaucoup plus nombreuses 36 000 contre 14 000 en Allemagne, 8 000 en Espagne, autant en Italie…

Autre fausse évidence, on ferait des économies, peut-être quelques euros sur les indemnités d’élu si on réduit le nombre d’élus mais cela sera epsilon. Alors comment faire ces économies ? Sur les TER, sur l’entretien des lycées, des collèges, des routes, sur l’aide aux handicapés, l’allocation autonomie, le RSA ? Ou en cessant de subventionner les associations culturelles, sportives, de solidarité ?

Je rappelle que les collectivités financent à hauteur de 72% les investissements qui tiennent l’économie à bout de bras. Ce ne sont pas les entreprises !

Derrière tout cela, c’est l’idée de service public qui est en péril.

Réduire les dépenses publiques permettrait de baisser le niveau de participation des entreprises et du capital au financement de notre modèle français.

Suppression de la Taxe professionnelle, des cotisations sociales, du versement transport = moins de social, moins de protection sociale, moins de services publics.

Si on couple cela à la création des métropoles, la réforme des régions, la disparition des départements, la réduction du nombre de communes, nous voyons bien s’annoncer la fin des services publics de proximité. Plutôt que d’accélérer la catastrophe, on pourrait décider de faire un bilan des différentes réformes territoriales notamment celle de 2014.

Il est grand temps de poser les bases de la VIe république qui donne toute sa place aux collectivités dans un nouvel équilibre avec l’état et dans une conception de la démocratie où le peuple est souverain.

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