Contrat de plan, quand la Région PACA est sanctionnée par le Gouvernement

Publié le par Gérard PIEL

Les baisses des dotations de l’état sont maintenant connues : 11 milliards d’euros d’économies sur le dos des collectivités et de leurs habitants. Voilà comment Hollande et Valls financeront une partie importante de leurs cadeaux aux patrons et aux actionnaires. Cet argent puisé dans les caisses des régions, des départements et des communes permet pourtant une grande partie de l’activité économique du pays : 72% de cette activité est générés par ces collectivités.

De fait, le pouvoir aggrave encore plus la crise qui plonge le pays dans la récession !

Mais ne croyez pas que cela ne concerne que les budgets des collectivités. Cela concerne aussi le Contrat de plan qui permet à l’état et aux régions de prévoir des investissements sur des secteurs (transports, territoires, enseignement supérieur…) qui sont essentiels pour le pays et ses territoires.

Le futur Contrat de plan vient déjà d’être raccourci d’une année, il est prévu maintenant sur 2015-2020 alors qu’il aurait dû débuter en 2014. Cela met à mal toute une série d’organismes publics qui sont financés par l’état et la région paritairement !

Le dernier CPER (Contrat de Plan Etat Région) avait vu l’état porter sa participation à 833,30 millions d’euros, idem pour le Conseil régional Provence Alpes Côte d’Azur, à cela s’ajoutaient des financements des départements. C’est ainsi par exemple qu’ont été financés la première partie de rénovation des Chemins de fer de la Provence, la 3e voie littorale, la réouverture de Cannes-Grasse, le campus de Sophia Antipolis et bien d’autres équipements publics. Pour 2015-2020 le gouvernement propose 641 millions d’euros soit -30%. Ce faisant le pouvoir ignore complétement les enjeux spécifiques de notre région, que ce soit sa surface maritime, les territoires alpins, les fortes inégalités sociales et territoriales qui s’aggravent dans un contexte économique (11,2% de chômage) très détérioré.

Cette baisse est drastique sur le volet transports ferroviaires alors qu’il faudrait à minima 250 millions d’euros de la part état, celui-ci propose 168,4 millions d’euros. Nous ne pourrons pas développer notre réseau ferroviaire dans une région où la pollution aux particules est une des plus importantes d’Europe, dans une région où le trafic routier est désastreux, où le réseau autoroutier est un des plus chers de France.

Pour notre département des Alpes-Maritimes, les projets sont pourtant importants et prioritaires : la ligne Nice-Breil-Cuneo, la régénération des Chemins de fer de la Provence, la 2e tranche de la 3e voie littorale. Cela veut dire aussi que la réouverture de la ligne Carnoules-Gardanne est abandonnée et que la ligne nouvelle (TGV) est remise aux calendes grecques…

Cet abandon du réseau ferroviaire se double d’autres mises à mal, le volet agricole a disparu, l’emploi n’est plus concerné, tout comme le volet territorial qui permettait d’accompagner le développement des communes.

Voilà où mène la politique libérale du gouvernement, sans asservissement au Medef et à la loi du fric. Le Premier ministre est venu plastronner au congrès de l’association des Régions de France. Son discours plein de morgue et de cynisme ne grandit pas sa fonction. Pour ce qui concerne les élus du Front de Gauche de la Région PACA, nous ne renonçons pas à obtenir un financement correct pour notre région, nous ne renonçons pas à répondre aux besoins des habitants de notre région, c’est pour cela que nous avons été élus. Nous attendons de nos collègues de la majorité régionale qu’ils agissent avec nous pour que ce gouvernement respecte les habitants de Provence Alpes Côte d’Azur.

Publié dans Conseil régional PACA

Commenter cet article