Estrosi, l’audiovisuel public et les comptes de campagne

Publié le par Gérard PIEL

Le soir de la fête de la musique, la plupart des commentateurs ont glosé sur les sifflets qui ont accueilli Estrosi sur la scène au côté de l’autre comique.

Ce ratage a tout de même coûté 600 000 € pris dans les poches des Niçois pour finir dans celles de la boite de prod de Daniela Lumbroso en passant par France 2. Mais ce n’est pas tout, l’animatrice a obtenu 350 000 € supplémentaires en direct de la Ville de Nice.

Cette manne financière a été votée le 27 avril 2015 en Conseil municipal sans émouvoir beaucoup d’élus. La délibération précise que la Ville s’engage à prendre en charge 287 000 € de frais et autorise le versement de 63 000 €.

On comprend mieux pourquoi il fallait qu’Estrosi monte sur scène ce soir-là.

Tous les élus, toutes celles et tous ceux qui ont été candidats à des élections savent qu’un an avant celle-ci ils doivent être attentifs à ne pas utiliser les moyens financiers et matériels de la collectivité à des fins personnelles de communication. Près d’un million d’euros pour être sifflé, la petite manip du motodidacte risque de lui coûter cher.

Gageons que la Commission de contrôle financier des campagnes électorales fera appliquer la loi.

Espérons que France 2 commandera un audit financier sur cette soirée qui aurait dû attirer 4,5 millions de téléspectateurs (voir la délibération). Alors qu’il n’y a pas eu la moitié.

Parions que le CSA diligentera une enquête administrative pour retracer le circuit financier de cette manne.

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