Notre camarade Emile Gente est décédé

Publié le par Gérard PIEL

Il y a des hommes que l'on croit insumersible. Émile Gente en faisait partie. Les épreuves qu'il avait traversées, Bunchenval, la maladie, ne semblaient pas l'avoir atteint.

Il avait même trouvé la force d'être présent le 26 avril à la journée de la déportation.

J'ai partagé 40 ans de vie politique avec cet homme en acier doux.

Pour lui "la politique était l'art du possible" citant Machiavel alors qu'il n'a jamais utilisé la méthode machiavélique.

Elu en 1983 à ses côtés au Conseil municipal d Antibes Juan les Pins, il m'a appris la rigueur mais aussi le compromis, loin, très loin de la compromission.

Dès notre élection s'est posé le problème des Jardins du Ponteil dont les salariés étaient en grève. Cela avait donné un conseil municipal agité où nous étions intervenus entourés des salariés.

Émile avait marqué dans sa chair les combats contre le nazisme et le fascisme. Ses rencontres avec les collégiens ont permis à de nombreux enseignants d'appréhender le réel et de le mettre en perspective avec leur enseignement. Combien d'enfants, d'adolescents, ont été bouleversés par ses récits qu'il prenait soin de relier au présent.

Ces derniers mois il était profondément choqué par la place que les médias donnent à l'extrême droite, lui qui avait combattu les armes à la main prenait cela comme une trahison.

En réunion, comment prendre la parole après Emile ?

Son communisme était profondément humain, il a souffert des hérésies des pays de l'est mais ses convictions étaient ancrées au plus profond. Très vite il récuse "les pays du socialisme réel" pour donner à voir "sa société" communiste.

Je suis fier d'avoir grandi politiquement à ses côtés, fier et triste.

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