La nouvelle économie

Publié le par Gérard PIEL

La nouvelle économie

Économie collaborative, nouvelle donne économique, macronisation, uberisation… les termes ne manquent pas pour nommer les nouvelles façons de travailler. Vendre ou acheter sur le Bon coin, sur Ebay, se déplacer avec Bla bla car, Uber pop, se restaurer chez l'habitant, se loger avec Air'nb, être livré par un voisin, échanger des cours d'anglais contre de la plomberie, etc. Des centaines de sites Internet proposent des solutions faciles, pas chères mais qui ne respectent ni le pacte social ni l'effort collectif : pas de TVA, pas de cotisations sociales ni de Code du travail, aucune garantie, aucune assurance.

Tout cela se développe ou plutôt « surfe » sur la crise et sur l'économie numérique.

Au mieux, ces nouveaux petits boulots sont effectués par des travailleurs indépendants ou des autoentrepreneurs mais la règle c'est l'absence de règles et donc du travail au noir !

Corvéables à merci, sur un simple texto, mél ou le bon vieux coup de téléphone, ils livrent un colis (à vélo c'est écolo), prennent un passager, couchent dans le garage pour libérer leur logement, vendent des objets à l'origine douteuse, tout cela se fait sur la toile, sous la loi du marché, 24 heures sur 24 , fini les dimanches, les nuits, les syndicats, les droits.

Quand le système D devient la règle y compris grâce à des lois (Macron) qui permettent la coexistence du renard et des poules, avec le consentement de celles-ci la lutte des classes, le respect du Code du travail et même le simple respect de l'humain deviennent subalterne. Payer à la tâche, à la course, au service… Les grandes entreprises s'engouffrent dans la brèche avec la prestation de service. La diminution importante du nombre des salariés dans les grandes surfaces, exemple Carrefour-Antibes, près de 1 000 salariés il y a 15 ans et 500 aujourd'hui alors que le CA et les bénéfices n'ont jamais été aussi élevés et cela est valable pour toutes les enseignes utilisant la prestation de service pour quelques heures en tête de gondole ou la nuit pour remplir les rayons. Ces travailleurs ne sont pas salariés et ils n’ont aucun droit dans l’entreprise, la plupart sont retraités, aucune et aucun ne vient trimer par désœuvrement.

Prestation de service aussi à Sophia-Antipolis. On a déjà évoqué le triste exemple d’ASTEK qui fournit des informaticiens aux grandes entreprises de la technopole, Amadeus, Air France… Là aussi ce sont des travailleurs de seconde zone qui sont placés et déplacés comme des pions sur un échiquier.

D’autres sociétés ont carrément transformé leurs salariés en autoentrepreneurs, même poste de travail mais finis les conventions collectives et autres avantages acquis, ils deviennent des tâcherons de la e.économie chère à Valls, Macron et Gattaz.

Au- delà du manque à gagner pour la structure sociale de notre société, pour la solidarité nationale, des question nous sont posées, comment tisser du lien social avec ses hommes et ses femmes ? Comment empêcher qu’ils deviennent les nouveaux trimards du XXIe siècle ?

Il faut faire vite car en face ils ont compris tout ce qu’ils pouvaient tirer comme bénéfice de ce qui, pour certains, apparaît comme une libération !

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