Dit, Momo il devra rentrer au Maroc ?

Publié le par Gérard PIEL

Que répondre à mon petit-fils, son copain Mohamed a peur de Marine Le Pen, pourtant ses parents sont français mais, leur apparence, leur religion, leur a déjà valu quelques déconvenues, ils imaginent le pire avec Le Pen.

Dois-je les rassurer ? Leur dire qu’il n’y a pas de danger, que je comprends qu’ils aillent voter pour faire barrage mais que nous, militants de gauche, communistes, insoumis, nous leur laissons le soin de faire le poids électoral face aux racistes de tous poils. Comment leur expliquer que quelques-uns de mes camarades ont oublié ou mis de côté, un des fondements de notre parti, la lutte anti-fasciste ?

Comment les intéresser à ces débats oiseux sur l’abstention ou le vote blanc ou le vote nul ?

Dans les expressions bien françaises, ils ont choisi « on ne joue pas avec le feu ».

Aux USA ils ne connaissaient pas, ils ont eu Trump.

On me dit que l’histoire ne se répète pas et pourtant, la montée des populismes partout en Europe, la chasse aux réfugiés, la stigmatisation des étrangers, je ne l’invente pas.

Vous pensez sérieusement qu’un score important de Le Pen va faciliter la vie de Momo et de ses parents et la notre, vous ne voulez pas voir les identitaires, les nationalistes, le danger qui sera multiplié en cas de bons scores de Le Pen. Il faut que la confusion règne pour que des militants envisagent l’hypothèse Le Pen, tranquillement ou pire, en la souhaitant. Ne pas prendre parti c’est déjà prendre parti, disait Jean-Paul Sartre. Fou qui fait le délicat sous l’orage, disait Aragon.
Ne pas utiliser la seule arme électorale qui existe pour ce deuxième tour afin de battre la fasciste Le Pen, c’est risquer d’être complice de la catastrophe annoncée.

Publié dans Elections

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