La Résistance, la Libération et le rapias

Publié le par Gérard PIEL

Voici la 6e nouvelle, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait purement fortuite. Bonne lecture !

Août 1944, un parfum de liberté enveloppait la Côte d’Azur. Les nazis et leurs complices français avaient perdu. Ils se défendaient avec l’énergie du désespoir semant terreur et épouvante.

A Antibes Juan-les-Pins, la Résistance multiplie les coups d’éclat. Gaby doit poser une bombe dans La Taverne antiboise. C’est là que se réunissent les collabos de tous poils, fascistes et légionnaires. C’est là que le chef de la Gestapo a sa table réservée. Croque-mort de son état, Gaby fait parti des FTPF. Il a ses entrées dans tous les bars de la ville, personne ne pense que le croque-mort est dans la Résistance.

Dix-huit heures, il entre dans La Taverne antiboise. Au fond du local, la table est dressée par le gestapiste-standarternführer. Après avoir commandé son apéro, il simula un besoin pressant, s’enferma dans les toilettes pour assembler les différentes pièces de la bombe et il lança le minuteur. Il avait cinq minutes pour boire son verre et quitter le bar.

Sauf que Ange était entré.

- Qu’est-ce que tu fais là ?

- Je viens boire un gotou à la santé de ces salopards, répondit-il en sourdine.

Plus fort :

- Tu bois un coup ?

- C’est fait, je pars.
- Dommage, je régale.

- Non, viens avec moi, je t’invite. On va chez Marinette.

- On est au comptoir.

- Allez viens, je t’invite à dîner !

C’était le genre de phrase rare, encore plus rare dans la bouche de Gaby qui était connu pour sa pingrerie, «le rapias », c’est ainsi que l’on surnomme le croque-mort.

Ange a compris qu’il y avait quelque chose qui clochait, Gaby qui paye à manger !

Il a tout compris quand il a entendu l’explosion.

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