La blague qui fait maigrir !

Publié le par Gérard PIEL

Voici la 11e nouvelle, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait purement fortuite.

La fin de la guerre approchait. Les Allemands et les collabos étaient aux abois. Il faut dire que dans ce village, des collabos il n’y en avait pas beaucoup. Après le débarquement en Normandie on attendait celui de Méditerranée. Le haut Var, sa tradition rouge issue des coopératives agricoles reprenait des couleurs.

Dans cet entre-deux où les convictions s’affirment, quand d’autres se défont, où les parures de l’héroïsme se ramassent parfois dans le caniveau, il y en avait un qui ne changeait pas.

Richard, le rigolo du village, toujours prêt à faire le clown, à raconter des blagues. Pendant les années terribles il avait rongé son frein mais là, il ne pouvait plus attendre !

Un soir de bombardements, les habitants de la Grand-rue étaient à l’abri dans sa cave. Il en profita pour lancer à la cantonade «Les Allemands ont annoncé qu’ils allaient fusiller les gros avant de partir.»

Philippe était gros, la guerre n’avait pas atteint son embonpoint, gros et peureux.

Attention pas de marché noir, mais son jardin et un cochon dans l’année, cela lui suffisait.

Le lendemain, le garde-champêtre du village parcourait les rues dans une drôle de posture : le visage cramoisi, on aurait dit que Philippe était cintré.

-Oh Phi-phi s’ian propi une baderne !

Il avait fait des trous supplémentaires à sa ceinture, il pouvait tout juste respirer.

Le temps passait et la blague s’éventait, tout le village riait !

Philippe n’écoutait pas les bonnes âmes qui lui disaient de défaire sa ceinture.

C’était le quinze août mille neuf cent quarante-quatre, ce jour d’autres arrêtèrent de respirer

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