Le tremblement de l’argent

Publié le par Gérard PIEL

 

Voici la 10e nouvelle, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait purement fortuite.

 

- J’aime l’argent, j’aime l’accumuler, le faire fructifier, le multiplier. Attention, je le gagne toujours honnêtement et, ma fortune est une aubaine pour des centaines de petites-mains. C’est la fameuse théorie du ruissellement. Par exemple, j’ai acheté pour une bouchée de pain deux immeubles à Dacca. C’est un ami anglais qui m’a conseillé, affaire conclue en trois jours. Hop là ! Voilà comment, avec quelques billets dépensés, on investit dans les pays émergeant et on aide à leur développement. Aussitôt acheté, aussitôt fonctionnel, des machines à coudre à tous les étages ont rempli les bâtiments d’un doux ronronnement. Tous les groupes de la grande distribution ont passé commandes. Des milliers de fringues pour quelques centimes d’euros. Elles étaient rayonnantes mes petites couturières, dix heures par jour avec une pause pour habiller le monde, ce village terrestre. Je les payais, ainsi elles vivaient mieux. Bon, il y avait bien quelques accidents, les machines aiment beaucoup les doigts mais, globalement, elles ne se plaignaient pas. Elles savaient que leurs sœurs, leurs amies attendaient la place, leur place. Elles aussi aimaient l’argent, trop, elles n’ont pas voulu s’assurer. Elles m’ont dit que c’était trop cher !
Tout s’est écroulé, un château de cartes, puis l’incendie, la fumée, l’odeur de grillé, l’expression brûler comme un fétu de paille n’a jamais été aussi vraie.
Moi, j’étais assuré, j’ai été remboursé.

Là je suis sur un coup à Madagascar, des locaux pour des plate-formes téléphoniques….

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