Le même jour il virait 1 900 personnes (par mail) en externalisant ces centres d'appel de Toulouse, Lyon, Poitiers.
Je me suis permis de lui répondre :
"Monsieur le Président Directeur Général,
J’ai été destinataire du rapport d’activité et de développement durable 2006 de votre entreprise.
Vous avez pris soin dans un courrier d’accompagnement de m’indiquer le plaisir que vous aviez à m’adresser ce rapport. Vous soulignez le rôle d’entreprise responsable de SFR. Vous vous dites à l’écoute de vos collaborateurs. Enfin, je vous cite toujours, vous soulignez la volonté de SFR de faire avancer le marché, la société et l’individu !
Croyez bien que j’aie l’habitude comme mes collègues élus de recevoir des rapports d’activité de différentes sociétés et que le plus souvent ces dossiers sont classés sans que j’en prenne vraiment connaissance. Mais recevoir ces soixante-dix pages d’un volume luxueux alors que dans le même temps vous allez vendre ou plutôt brader 1 900 salariés, je me suis imposé la lecture de votre dossier. Et mon courrier n’a pour but que de vous exprimer mon écoeurement face à votre mépris, votre inhumanité dans le traitement de ces femmes et de ces hommes.
Votre rapport qui se pare de qualités usurpées tel le développement durable, le choix de l’individu, l’écoute des collaborateurs, c’est ni plus ni moins que le bilan d’une gestion ultra libérale de votre entreprise, seul le profit compte. Quel choix de l’individu, quelle écoute des collaborateurs quand on « vire » comme vous le faites 1 900 personnes ?
Je suis persuadé que pour cela vous gagnerez en stock option et en notoriété auprès des autres « grands dirigeants d’entreprises».
Connaissant l’impossibilité par les repreneurs des sites (Toulouse, Lyon, Poitiers) que vous liquidez de maintenir l’emploi, vous transférez à d’autres le soin de licencier.
Licencier des salariés qui pourtant vous rapportent aujourd’hui 20 % de marge nette !
1,7 milliard d’euros de bénéfice net + 1,6 milliard d’euros de dividendes versés à Vivendi. Tout cela avec 8,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Encore plus, toujours plus, c’est votre devise. Pour cela, vous jouez avec les salariés comme des variables d’ajustement y compris en les informant par un simple mail de leur prochain transfert.
Croyez bien que je garde votre courrier comme un symbole de l’arrogance du libéralisme triomphant, preuve que mépri et mauvaise foi se pratiquent sereinement dans les hautes sphères du Cac 40.
Je suis persuadé que vous aurez à cœur de me répondre ainsi comme je le fais pour votre courrier et ma réponse je pourrais rendre publique votre nouvelle missive."



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