Bolivie : 60% pour le oui à la nouvelle constitution

Publié le par Gérard PIEL

« C’est aujourd’hui la fin de l’état colonial et la fin du néolibéralisme »
C’est ainsi que le président Evo Morales a salué l’écrasante victoire du oui au referendum.

J’ai eu la chance d’être présent en Bolivie pendant la campagne référendaire et de constater le soutien massif du peuple Bolivien en particulier les communautés Aymara et Quechua qui représentent 70% des habitants de la Bolivie.

La nouvelle constitution renforce le contrôle de l’état sur les richesses naturelles notamment le gaz. Elle limite à 5 000 hectares la taille des propriétés agricoles ouvrant ainsi la possibilité à une redistribution de ces terres, le lien entre l’église catholique et l’état est coupé.
La mobilisation massive des Boliviens pour le oui, surtout dans les régions indigènes des hauts plateaux où les paysans et les mineurs ont mené campagne, a permis aussi de modifier la loi électorale, Evo Morales pourra se représenter à la présidence. Face à ce rassemblement des forces de gauche, politiques, le « vieux » parti communiste bolivien (100 ans) étant totalement intégré dans cette union et syndicales, les latifundiaires des régions riches qui bénéficient des médias, de milices privées, n’ont pas dit leur dernier mot. Ils appellent à la désobéissance civile et à la partition du pays.

Il me semble utile de suivre ce qui se passe en Bolivie mais aussi au Venezuela, au Paraguay, en Equateur, au Nicaragua, chacun construit à sa façon, ces pays construisent des chemins vers le socialisme. Nouvelles constitutions, égalité entre les peuples y compris les indigènes qui ont subi des décennies d’apartheid, redistribution des terres aux paysans nombreux et engagés, démocratie directe (referendum), nouveau rôle et comportement des responsables politiques (Evo Morales a divisé par quatre son salaire : 15 000 € par an), nationalisation des ressources naturelles, priorité à l’éducation, à la santé,etc. La Bolivie reste le pays d’Amérique du sud le plus pauvre mais l’enthousiasme, la mobilisation qui est visible partout peut changer ce territoire longtemps abandonné aux grands propriétaires et à leurs conseillers, les Etats-Unis. Sans culte de la personnalité au contraire, la simplicité d’Evo Morales est même déconcertante, en renonçant à l’image d’état policier ou militaire la Bolivie change ! Bon vent !

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