Réponse au commentaire sur la notion du service public

Publié le par Gérard PIEL

Non, David, le service public ferroviaire ce n’est pas la gestion actuelle de la SNCF !
Cette gestion au contraire n’a comme but que de permettre la privatisation de cet établissement public.

Peut-être ne payez-vous pas d’impôt mais moi, oui et je ne veux pas que des décennies de développement de la SNCF grâce au financement public soient offertes à quelques entreprises privées. C’est un principe !
« Les politiques » comme vous dites peuvent avoir des principes, et oui !

Je ne veux pas que l’on brade le bien public, la SNCF nous appartient à tous.

Par contre j’en ai assez de voir casser cet outil par le gouvernement qui réduit ses budgets et par les députés qui votent année après année la diminution d’effectifs : 18 000 postes de cheminots supprimés en six ans !

Vos approximations par exemple sur le Président Michel Vauzelle qui a toujours défendu les services publics me laisse penser que vous portez un dogme politique plutôt libéral alors assumez votre idéologie ainsi nous pourrons en débattre.

Publié dans Transports

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Laurent 04/05/2009 23:38

Bonjour,En parlant de service public, pourriez-vous nous dire, Monsieur le Vice Président, où en sont vos réflexions sur l'absence de service public ferroviaire au départ de Grasse vers Cannes entre 7h11 et 8h37, là où le public a besoin de ce service pour aller bosser. La Région s'emploie t'elle à résoudre cette aberration ? Aurons nous enfin le plaisir de voir apparaitre un train sur ce créneau dans les fiches horaires valables à partir du 5 Juillet ? Merci de votre réponse.

David 07/04/2009 23:01

Monsieur Piel, sur un premier point je suis d'accord avec vous (et oui ça arrive, et contrairement a ce que vous pouvez penser suite à mes derniers commentaires, ça arrive même assez souvent) : la gestion actuelle de la SNCF n'est pas du tout représentative du service public ferroviaire. L'EPIC glisse petit a petit vers le privé : statut du personnel IdTGV lors de sa création (marche arrière de la direction assez rapidement), tentative de privatisation progressive du fret (de nouveau 1 marche arrière de la part de la direction), réduction voire même suppression des "agents au service commercial train" (qui ont la notion importante de sécurité des passagers a bord) sur certaines lignes TER ... les exemples sont nombreux malheureusement.Sur votre second point, oui moi aussi je paie comme beaucoup de monde, comme vous,  des impôts  (et en tant que célibataire,  sans enfant, donc 1 part : la pire en France coté impôts), comme vous. Et je ne pense pas qu'a l'avenir la part de mes impôts qui sera donné au transport et en particulier au ferroviaire ne profite qu'a "quelques" sociétés. En Allemagne elles sont nombreuses, en Espagne, en Italie… également. Et les sociétés historiques de ces pays ne sont as a l'agonie a ce que je sache. Loin de la même.
 
Et je persiste : je ne pense pas que l'ouverture a la concurrence n'apporte QUE des inconvénients (dans le ferroviaire comme dans d'autres secteurs d'ailleurs).
L'ouverture du marché ferroviaire à d'autres opérateurs EUROPÉEN et pas uniquement français (je pense a la DB par exemple pour ne citer quelle, et pas uniquement  à Véolia comme peuvent le penser d'autres personnes sur ce blog…) ne tuera pas ni la SNCF, ni le système ferroviaire français.
Par contre, cette ouverture peut permettre une remise en question sur certains aspects de l'entreprise historique :

aspects commerciaux avec les risque éventuels qui peuvent y être liés (tentatives de réductions de certains coûts pour gagner en compétitivité mais heureusement cela est en théorie surveillé par l'Établissement PUBLIC de la Sécurité Ferroviaire)
mais aussi aspects qualitatifs. : avec de bons roulements de personnels, de matériels roulants (fiables de préférence)

 
Monsieur Piel, avec les responsabilités qui sont les vôtres au sein de la région PACA, vous allez pas me dire que vous trouvez normal que les milliers de trains chaque année soient annulées par manque de conducteurs, manque de contrôleurs, pardon agent commercial train, par manque de matériel roulant… ?
Vos collègues Normand n'ont-ils pas bloquer les paiements a la SNCF en début d'année suite a la piètre qualité de l'exploitant SNCF? Vous-même n'avez-vous pas évoqué en 2008 une hausse des incidents en région PACA?
Je trouve tout a fait logique que les régions puissent pour les prochaines conventions d'exploitations TER, avoir le CHOIX entre l'opérateur historique et de nouveaux entrants (publics étrangers ou privés). Contrairement a ce que vous pensez je ne suis pas pro-privé mais je trouve normal d'avoir le choix entre plusieurs propositions!
 
Et il est bien hors de question de brader le bien public (je suis bien d'accord avec vous la dessus) : mais pourquoi n'en faire profiter que la SNCF qui se considère plus comme privé que public, alors que d'autres sociétés peuvent elles aussi en profiter.
Les réouvertures de lignes en France sous l'impulsion des régions (et vous en êtes un très bon exemple Monsieur Piel en PACA) sont plus que favorables et motivantes pour l'avenir : plus de train, moins de voiture c'est fabuleux.
 
La baisse des effectifs c'est une chose ; les kilomètres de lignes fermées (au trafic voyageur mais aussi au trafic marchandise dont vous ne parlez jamais) en sont une autre. Mais ne dites pas que cela se produit depuis 6 ans. Le virage a bien été amorcé malheureusement depuis le début des années 80
Je pense amplement assumer mes idées Monsieur Piel, oui ne sont pas les mêmes que les vôtres sur certains points, qui se rejoignent sur d'autres.
Mais je tenais a vous préciser que je respecte beaucoup plus une personne qui défend ses idées (même a l'opposée des miennes) qu'une personne qui retourne sa veste régulièrement au gré du vent ou des futurs résultats électoraux. C'est pour cela que je suis venu, je viens et je viendrais encore longtemps lire tous les jours les articles sur votre blog au risque de passer pour la bete noire par moment.
 
Bien cordialement.
 

Gérard PIEL 08/04/2009 15:05


Croyez bien que j’apprécie vos commentaires qui permettent un vrai débat sans flagornerie. Votre réponse pose un réel problème et celui-ci devra être traité par le Conseil régional avec le paquet
ferroviaire européen et l’ouverture à la concurrence.
Aujourd’hui ce sont bien les contribuables qui paient la plus grande partie des transports publics, impôts sur le revenu mais aussi versement transport des entreprises de plus de dix salariés dont
je souligne que le ferroviaire ne reçoit rien. Les usagers financent environ 25 à 30% suivant le mode de transport. C’est donc bien un enjeu public et national !
Le choix du système ne peut se résoudre à une SNCF dont la direction actuelle prépare la privatisation par sa libéralisation et sa découpe et le privé y compris étranger.

Pour ma part si nous restons dans la situation actuelle avec les choix politiques de la droite et de Sarkozy, je ne vois qu’une aggravation de la situation avec un passage obligé par une situation
que vous pourriez appréhender avec l’excellent film « the navigators » de Ken Loach.

Cette casse du service public qui appartient à tous les Français et non à Sarkozy ou à Pepy est inacceptable.
Vous évoquez les milliers de trains qui ne circulent pas faute d’ADC mais rappelez-vous qu’il a fallu deux mois de grève à Nice pour obtenir deux écoles ADC !
Quand Guillaume Pepy passe par la gare de Nice vendredi dernier il annonce la privatisation des gares mais, que je sache, les gares rénovées aujourd’hui c’est essentiellement le Conseil régional
qui finance.

Le retard énorme pris en matière ferroviaire mais aussi en TCSP et autres transports collectifs ne sera pas rattrapé avec des opérations privées qui répondent d’abord aux injonctions de leurs
actionnaires et ensuite aux attentes des usagers, pardon des clients !

Il existe des pistes d’amélioration à explorer, par exemple un service public de proximité géré par la collectivité sous forme de régie. Cela dit, je ne crois pas que la disparition de la SNCF soit
inéluctable. Le potentiel de résistance dans l’entreprise avec les usagers est grand.
Ne croyez pas que je privilégie la proximité politique ou syndicale, la responsabilité que j’exerce depuis dix ans m’oblige à agir les yeux grand ouverts.
C’est pour cela que j’enrage face à la casse de ce bel outil qu’a été la SNCF et ça je ne l’accepte pas.
A vous lire….