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Gérard PIEL
Conseiller régional - Président du Groupe Front de Gauche
Conseiller municipal d'Antibes
P.V. intégral des séances
Que ce soit au niveau national ou local, les résultats du 1er tour des élections législatives sont décevants. L’impulsion donnée par la création du Front de gauche, par la formidable campagne de
Jean-Luc Mélenchon n’a pas permis la constitution d’un socle électorale suffisant pour les législatives. L’abstention nous a touché de plein fouet. La démobilisation de notre électorat ajouté au
vote utile nous ramène à un score bien loin de nos attentes.
Le mode électorale injuste, l’inversion du calendrier électoral a réduit les législatives à des élections subalternes.
Nationalement, un groupe Front de gauche à l’Assemblée nationale n’est pas assuré. Le PS disposera d’une majorité absolue y compris sans EE-LV et la bipolarisation a encore gagné du terrain avec
une abstention record. Cela n’augure rien de bon pour la vie démocratique de notre pays avec un FN aux aguets. Cela rend d’autant indispensable la réussite de la gauche au gouvernement !
Dans la 7e circonscription il manque quelques centaines de voix pour que Cécile Dumas dépasse les 5%. Cela est profondément injuste pour tous les militants et militantes qui depuis des mois
labourent le terrain. 44% d’abstention mais une participation plus forte dans les bureaux de vote à droite.
Par ailleurs, la présence du candidat NPA qui recueille 1,58% a divisé la gauche anticapitaliste.
Pour le reste Jean Leonetti bien que perdant plus de 10% de ses voix est réélu au 1er tour.
Le candidat MRC-PS bénéficie du vote utile alors que son bref passage à Antibes n’aura pas permis d’y voir plus clair sur la cogestion de la CASA par Leonetti – Daunis.
Il restera de cette session électorale qui aura duré près d’un an :
- D’abord la défaite de Sarkozy
- Les 4 millions de voix Jean-Luc Mélenchon qui auront permis de battre le petit président.
- Des législatives qui ne répondent pas aux défis démocratiques du 21e siècle.
- Un réel besoin de représentation proportionnelle des électrices et des électeurs.
Malheureusement, ce résultat n’empêchera pas les expulsions locatives de continuer, le droit au logement d’être bafoué .
Ce résultat ne permettra pas aux salariés de voir leur revenu (SMIC compris) augmenter sérieusement, ni les retraités et autres allocataires des minima sociaux de voir leur pension revalorisée.
Ce résultat n’augure rien de bon quant au positionnement de la France dans la crise européenne.
Cela n’est pas une critique stérile mais un constat effectif.
Cette année intense aura aussi permis d’avancer dans la construction du Front de gauche. Cela n’est pas rien face au défi que représentent la bipolarisation et le danger fasciste.
Les milliers d’hommes et de femmes qui ont rejoint le Front de gauche doivent maintenant l’intégrer complétement. Donnons-leur des responsabilités, donnons-leur les moyens de s’exprimer, de
débattre, de proposer.
Faire de la politique autrement va devenir une ardente obligation dans les mois et les années qui viennent.
Face au FN véritable incarnation du fascisme et à une droite qui s’extrémise toujours plus, le Front de gauche fera front et ne lâchera rien.
Avec un PS hégémonique au pouvoir, le Front de gauche sera attentif, accompagnera ce qui va dans le bon sens, qui mettra l’humain au centre mais devra dire non aux dérives sociales libérales.
Enfin, pour terminer ce billet un peu long, je pense qu’il faudra mieux analyser le rôle des média. Pas seulement pour critiquer ou se plaindre mais pour comprendre comment la communication de
masse influe sur les gens, leurs comportements. Prenons la couverture nationale de la législatives d’Henin Beaumont, je pense que cela a été un des facteurs de l’abstention !
Dimanche 16
Cette élection donne l'apparence d'être perdu pour le front de gauche, mais c'est un miroir déformant de la réalité qu'en donne les médias, tout comme ils avaient tenté de faire passer nos 3 984 822 suffrages de la présidentielle pour un échec. Quelques exemples chiffrés pour illustrer :
- depuis la présidentielle, le FN serait un succès et le FG un échec ? Pourtant le FN perd 2 848 890 suffrages, nous le FG n'en perdons que 2 182 766. Elle court, nous courrons, mais nous courrons plus vite. Et quand il y a reflux, c'est aussi elle qui recule le plus, nous finirons donc bien par la rattraper
- si on met de coté la présidentielle, malheureusement l’élection la plus importante et où notre candidat a pu brillé, mené la campagne et réchauffer tant de cœurs, le front de gauche reste une force en constante progression depuis sa création. Son socle, ceux qui votent pour ses idées et pas seulement son talentueux candidat s'élargit sans cesse, 460 934 voix aux européennes 2009, 569 000 voix aux régionales 2010, 774 666 voix aux cantonales 2011 et maintenant 1 792 905 voix aux législatives 2012.... soit bien plus que les 1 115 663 voix du PCF en 2007 : il faut être aveugle et se beurrer les carreaux pour y voir un échec
- et nous avons un potentiel de 4 millions de voix et plus encore en comptant tout ceux qui jusque dans l'isoloir ont hésité entre Hollande et Mélenchon : esperons qu'ils n'attendront de multiples plans d'austérité pour ouvrir, et qu'ils refuseront même le premier !
Une seule déception, mais qui finalement encourage pour l'avenir, si nous étions parvenu à convaincre les 3 984 822 électeurs de Mélenchon de renouveler leur vote FG aux législatives, le résultat aurait été tout autre. Et il faudra bien que nous y arrivions puisque nous croyons à une république parlementaire. Avec les médias ou contre eux.
Et alors nous aurions battu le FN, tous nos sortants auraient été réélu et de nombreux autres candidats n'auraient pas été noyé par la vague rose mais aurait au contraire constitué une vague rouge ! Notre score national eut été de 14.16%, celui du PS 26.94%, UMP 24.55%, FN 12.7% et EELV 5.78%.
Et nous aurions contribué, en même temps qu'à battre le FN, à faire reculer l'abstention de 5 points.
Voilà de belles perspectives, on lâche rien, on lâchera rien !