L’union aux municipales, débat ou combat ?

Publié le par Gérard PIEL

logo fdg grandDepuis quelques semaines, la blogosphère de gauche est investie par des discours comminatoires  qui s’adressent la plupart du temps aux communistes.

La cause de ces propos peu amènes tient dans quelques annonces d’élus communistes de communes actuellement gérées par le PS-PCF-Les Verts qui disent leur volonté de reconduire ces alliances dès le 1er tour des municipales.

Du coup, nous sommes soumis à un tir de barrage nous intimant de choisir le Front de Gauche et rien que le Front de Gauche !

 

N’étant pas suspect de traitrise sociale-libérale, je me permets quelques réflexions.

Le Parti Communiste a des statuts et ceux-ci stipulent que ce sont les communistes eux-mêmes qui décident quelle dimension ils donnent à leurs choix. Et cela est valable à Toulouse, à Paris, à Antibes…

Nous avons trop souffert de décisions venant d’en haut et enlevant la souveraineté du choix aux adhérents pour faire comme si cela n’existait pas. Je conseille d’ailleurs à toutes les composantes du Front de Gauche d’en faire autant. Attention aux décisions prisent au sommet et appliquées mécaniquement.

 

Le petit couplet sur « les communistes veulent garder leurs élus et c’est pour cela qu’ils restent avec le PS » ne me semble pas correct. La vraie question c’est l’utilité d’avoir des élus y compris pour parrainer un candidat, à la présidentielle, non communiste ! L’utilité de gérer des communes, dont certaines depuis des décennies, y compris avec des socialistes !

 

Aux régionales nous avions fait le choix et j’y ai participé, du Front de Gauche au 1er tour, en PACA et dans d’autre régions. Nous savions que nous allions perdre des élus qui pourtant n’avaient pas démérité. Non seulement parce que nous serions sanctionné au 2e tour mais pour laisser des sièges au PG et à la GU. Non seulement je ne le regrette pas mais je me félicite de notre démarche fondatrice du Front de gauche.

Sans élu au Conseil régional, quid de la carte Zou, de la tarification sociale des cantines des lycées, de la réduction des subventions aux communes qui ne respectent pas la loi SRU, de l’Etablissement Public Régional de l’Eau, etc. Toutes ces réalisations étaient dans le programme du Front de Gauche au 1er tour et intégrées au second tour dans celui de la liste conduite par Michel Vauzelle.

 

Que dire d’une commune comme Aubagne qui applique avec succès la gratuité des transports collectifs et qui est en procédure de se réapproprier la gestion et la distribution de l’eau ? Doivent-ils renoncer ?

A Antibes cela fait déjà deux élections municipales que « la gauche et l’écologie » est présente sans le PS ni EE-LV qui font leur propre liste. Mais si, à la rentrée,  des militants de la gauche socialiste nous sollicitent, je suis pour élargir encore plus le terreau de la résistance face à l’austérité.

Comment peut-on penser à une seule et même position partout en France sans voir le dogmatisme que cela comporte ? 

Est-ce qu’à la Seyne sur Mer les élus du PG ne repartent pas avec le maire PS ?

Doit-on faire le choix délibéré de perdre des communes et de faire rentrer UMP et FN dans des centaines de communes ?

Est-ce que le Front de Gauche doit, par exemple, présenter une liste contre André Aschieri à Mouans Sartoux ? Que doivent faire les communistes dans les communes où n’existent pas les autres forces du Front de Gauche ? Se saborder ou rester sur leur quant-à-soi ?

Alors débattons, échangeons, construisons ensemble mais sans invective. Nous ne sommes plus à l’époque des collectifs antilibéraux. Notre stratégie, le Front de Gauche c’est pour gagner, pour faire gagner le peuple et pas pour faire perdre le PS et ses affidés !

N’y-a-t-il pas un débat, des échanges à avoir avec les écologistes d’EE-LV qui pour certains sont eux aussi résolument anti-austérité et refusent  le libéralisme ?

 

Je suis peut-être un peu confus mais mon message essentiel c’est que les élections municipales sont un grand moment de débat dans la proximité et que  l’on a moins besoin de diktats nationaux et de solutions prémâchées que d’hommes et de femmes de gauche, du Front de Gauche, qui soient comme des poissons dans l’eau au milieu de ceux qui luttent et qui résistent. Et tant mieux si parmi eux il y a des socialistes et des militants EE-LV ! 

 

Publié dans Elections

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Myriam 05/08/2013 15:13


Non ce n'est pas confus.


Il faudrait que les élus soient comme vous sur le terrain et que les militants, aussi, soient plus souvent au contact des "vrais" gens.


L'union est un combat, non ?

Gérard PIEL 06/08/2013 10:46



 


Chère Myriam,


Merci pour ce petit mot d’encouragement mais la politique quotidienne des communistes d’Antibes et de la CASA intègre évidemment l’écoute et le débat.


Rendez-vous le 7 septembre à la Fête de la mer !



lilly54 05/08/2013 11:48


Salut. Je suis communiste. Les remarques faites à l'encontre des communistes ne viennent pas que du PG ou des autres composantes du Front de Gauche. Alors permets que le débat s'installe chez les
communistes. Et faites donc parler la base. Car les décisions qui viennent d'élus déjà installés sont monnaie courante chez nous. Tu cites en exemple des avancées sociales. Heureusement qu'il y
en a ! Mais aujourd'hui la situation exige bien plus de cohérence et de fidélité politique. Dans chaque ville, les communistes feront bien ce qu'ils voudront, j'en suis persuadée. Mais au
lendemain des municipales, chaque communiste se penchera sur la moralité de son parti. Quant à moi, les doubles discours, basta ! Et ne jetez pas la pierre à tous ceux qui pensent comme moi, hors
et dans le parti. Vous n'avez pas toujours raison ! 

Gérard PIEL 06/08/2013 10:45



Chère Lilly,


Nous ne nous connaissons pas et c’est dommage, cela aurait évité le manichéisme de votre billet.


Je suis conscient qu’il y a aussi des communistes qui ne veulent pas d’une union y compris aux élections municipales avec le PS. Je pense même qu’ils sont majoritaires.


Je vous répète que pour ma part j’ai été tête de liste en 2001 et en 2007 intitulée « la gauche et l’écologie » composée de militants PC, de la LCR, des Alternatifs, d’écologistes et de citoyens
de gauche ! J’ai même été candidat aux élections législatives de 2002 avec un suppléant LCR. Avouez que cela était atypique. 


Pour le reste, je crois à la conviction, au débat et à l’intervention citoyenne dans les quartiers comme dans les entreprises... Du coup, les diktats et autres leitmotivs redondants sont
malvenus.