Bien qu’étant seulement unie au royaume de France, la Provence perd rapidement ses libertés, ses droits et avantages.
Pour Antibes cette union est importante car la ville devient la première place forte avant le Var (fleuve). Cette fonction militaire vaudra au pays antibois de connaître les vicissitudes
des guerres avec l’afflux des troupes armées. Une nouvelle fois exactions, pillages, ravages vont se succéder jusqu’à la Révolution.
Bien sûr ces années noires seront entrecoupées de moments de répit qui permettront à nos ancêtres de poursuivre le développement de notre pays.
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L’entrée dans le XIVe siècle se fait avec un nouveau nom pour la ville devenue Antiboul. Il y a moins d’habitants que les décennies passées, peut être 200 ou un peu moins. La méfiance et
l’irrespect envers les puissants sont toujours la marque des Antibois.
Les syndics gèrent les intérêts d’Antiboul et défendent ses libertés. A plusieurs reprises, au début du siècle, la famine est présente, il faut alors négocier du blé avec des provinces
lointaines. La peste qui a frappé l’Italie en 1392 a apporté des immigrants qui s’installent dans le pays antibois.
En 1410, il faut de nouveau une révolte pour imposer aux seigneurs la limitation du temps de travail. Déjà à l’époque, les ancêtres des maîtres des forges étaient sans pitié, il fallait une
révolte pour les faire plier.
La commune crée aussi des taxes et des impôts pour se doter de moyens financiers et gagner petit à petit une certaine indépendance par rapport aux seigneurs, taxes sur l’ancrage des bateaux,
taxes prélevées sur les transports y compris terrestres, taxes appelées « rèves » sur la vente du vin, des fruits et de la viande. Puis une nouveauté, l’emprunt avec des intérêts faramineux,
emprunts souvent accordés par les Grimaldi !
Le XIVe siècle c’est aussi la frontière avec le pays de Savoie et de Nice. Cette frontière, le Var, donne à Antibes un rôle de place forte. Souvent les bandits niçois passent le Var et viennent
piller les quelques « richesses » de la rive droite. Une nouvelle fois les campagnes de Vallauris, de Biot sont entièrement détruites. Les habitants réfugiés derrière les remparts d’Antibes
regardent impuissants les pillages successifs.
Et pour clôturer cette période de misère, une nouvelle épidémie de peste décime la région en 1470.
Petit à petit les broussailles gagnent du terrain, Vallauris et Biot sont abandonnées. A Antibes le trafic maritime est pratiquement abandonné, l’artisanat périclite, les paysans sont
ruinés. Vallauris est désertée pendant des décennies, aucune famille ni habitera. Biot subit le même sort au XVe siècle et Antibes compte seulement 80 feux (familles). Le pire recensement aura
lieu à la moitié du XVe siècle, Antibes sera imposée sur 17 feux, Grasse sur 80 et Cannes sur 5 ! C’est à ce moment que battu en Italie, le roi René rentre en Provence et relance enfin
l’économie.
Homme généreux, ayant le souci du bien-être et du vivre en paix, il décide de reconquérir les friches et les terres dépeuplées. Plutôt que de s’épuiser dans des guerres incessantes, il acte des
traités de commerce avec Gênes et Venise assurant ainsi la libre circulation maritime des marchandises. En cela, le roi René était déjà un européen et un adepte du marché commun.
A chaque fois que les syndics feront appel à lui pour arbitrer les conflits avec les seigneurs ou les évêques, il donnera raison au peuple y compris face à ses fonctionnaires trop zélés. A la fin
du XVe siècle les Grimaldi ont partagé les seigneuries avec les comtes de Lascaris ou ceux de Gêne. Cette multiplication des seigneurs ne fait pas l’affaire du peuple qui subi de nouveau le
diktat de ces « nouveaux riches » : interdiction de pécher à moins de payer « le madier » qui équivaut au ¼ du poisson, obligation de laisser paître les troupeaux des seigneurs sur les terres
communales !
Régulièrement le roi René sanctionne les puissants et donne raison au peuple. Il meurt en 1480 et une guerre de succession aura lieu. Elle mettra fin au XVe siècle, au Moyen-âge, en liant le
comte de Provence au royaume de France.
Les premiers conseils de ville.
Magistrats et conseillers administrent les biens de l’université avec beaucoup de sérieux. Ils achètent des terrains, constituent des réserves de vivres, règlent les problèmes internes à la cité.
A la fin du 13e siècle, ils acquièrent les Clausonnes où ils installent des Moulins dans les ruisseaux de la Valmasque et du Fugueiret, mais tout cela ne peut se faire que si les intérêts des
Seigneurs ne sont pas touchés.
Ils existent de nombreuses raisons de conflits car le peuple résiste et renâcle à s’incliner devant les diktats seigneuriaux.
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L’épopée des Templiers chère au maire de Biot, Dermit, qui a rendu hommage la semaine dernière à ces prévaricateurs, se déroule dans le même temps que l’expansion de l’abbaye de Lerins à
Vallauris. Le 12e siècle constitue pour le monastère le siècle de l’expansion foncière.
Les moines sont de redoutables spéculateurs. Ils escroquent littéralement Pierre de Mison qui détenait les trois quarts de Vallauris pour la maison de Grasse qui signe un document où il s’engage
à transmettre ses biens s’il venait à mourir sans enfant. Ce qui fut fait illico presto !
Rapide, l’abbaye fait certifier sa propriété. C’est à cette époque que la délimitation entre Vallauris et Antibes a été actée (1315).
Le monastère se conduit de la même façon que les Templiers à Biot, exploitation à outrance de l’espace, des terres et des habitants. Il transforme les marais de Golfe-Juan en salines et prive les
paysans libres de terres agricoles. Ceux-ci en sont réduits à voler pour survivre ce qui déclenche des représailles féroces de la part du prieuré de Vallauris qui fait pourchasser les manants par
les gens d’armes,
La solidarité entre les pauvres est pourtant réelle et permet au petit peuple de résister peu ou prou à ces ecclésiastes durs en affaires et précurseurs du patronat le plus rétrograde.
Ils créent, par exemple, un impôt sur le sel alors que les populations d’Antibes et de Vallauris bénéficient du « franc salé » qui les exempte.
C’est la première fois que s’organise réellement la résistance de la population. En 1241 à Antibes, les premiers magistrats municipaux sont créés.
Barthélemy Arbaud, Barthélemy de Moans, Pierre Curel sont les premiers syndics.
Ainsi le peuple d’Antibes depuis très longtemps s’est donné des représentants face au pouvoir. Dès le 14e siècle, ces représentants « les syndics » vont servir d’interfaces avec les seigneurs,
évêques, baillis. Ces syndics se constitueront en assemblée « l’université des hommes d’Antibes ».
En 1307, c’est l’université qui organise la désobéissance et la protestation des antibois contre l’obligation d’acheter leur sel au grenier de Grasse.
Ne nous y trompons pas, ce début d’organisation communale se fait quand même avec des proches de l’évêque. Il n’y a pas d’élection ni même d’assemblée délibérante.
La création de l’université permet même à certains moments de faire prendre en charge par cette assemblée certaines dépenses, par exemple la reconstruction des murailles.
Réunis au moins une fois par an, convoqués par le crieur, les chefs de familles appelés aussi constituants, forment l’assemblée.
La présence est obligatoire sous peine d’amende de cinq sous. Si cette obligation s’appliquait aujourd’hui à toutes les assemblées, il y aurait des élus qui seraient pénalisés (Thierry Mariani
!).
Petit à petit, le fonctionnement, les règles de cette assemblée se formalisent dans ce qui sera « la charte d’Antibes ».
A la fin du Moyen-âge, le clergé étend son emprise sur le pays antibois, l’extension des propriétés ecclésiastiques à partir du XIIe siècle est continue. C’est dans ce contexte que les Templiers
s’installent à Biot.
Cet ordre religieux et militaire est devenu en quelques décennies le plus riche de toute la chrétienté. En 1209, le comte de Provence transfère aux Templiers l’ensemble de ses droits souverains et
seigneuriaux sur le castrum et sur tout le territoire de Biot y compris les hommes, les femmes et les enfants qui y vivent.
A cette époque, les êtres humains avaient moins de valeur que les terres sur lesquelles ils vivaient...
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Avec la fin du Moyen-âge, la renaissance économique disparaît. Bien-sûr ceux qui en ont profité ne sont pas très nombreux. Ils ont pu ainsi créer une élite financière et foncière qui, pour
certains, rend de plus en plus insupportable les diktats des représentants du pape.
Pour ceux qui constituent la grande masse du peuple, ils n’ont gouté qu’à l’écume de ces quelques années de prospérité, subissant les premiers les conflits armés, les ambitions et les destructions
et autres razzias.
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Les antibois de cette époque pouvaient non seulement se révolter mais aussi faire entendre leur colère de façon pas très catholique.
En 1243, Pontius le 39e évêque d’Antibes était nommé. Celui-ci continuant d’abuser du pouvoir absolu que l’église lui octroyait, imposait, rançonnait les habitants de la commune. En échange,
ceux-ci ne bénéficiaient plus de la protection de l’évêque, la ville était à l’abandon.
La colère de nos ancêtres fut terrible puisqu’ils noyèrent Pontius en le jetant du haut du « barri » dans mare nostrum.
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…/… Antibes a la chance d’avoir un port bien abrité et marchands, courtiers viennent s’installer tout autour de l’anse Saint Roch, ils négocient les productions du moyen pays de Grasse, et en
retour importent denrées et produits du Moyen Orient.
C’est l’époque où les royaumes se forment en Europe grâce ou à cause des ambitions des différents souverains. La papauté compte elle aussi comme force militaire et politique
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Avec le Moyen-âge, les ténèbres recouvrirent de nouveau le pays antibois : invasions, pillages, attaques de toutes sortes, qui s’ajoutèrent à la domination impitoyable des seigneurs, véritables
latifundiaires avant la lettre.
Et Charles Martel arriva ! En refaisant l’unité du royaume Franc, il annexe la Provence et ses troupes ravagèrent Antibes à plusieurs reprises, en particulier en 739 où il est accompagné par ses
alliés Lombards.
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Les classes apparaissent, une aristocratie foncière peu nombreuse mais disposant de la finance et de la force dirige les travailleurs liés aux différents domaines, véritables esclaves qui ont du
mal à subsister. La classe dominante impose sa tutelle sur le travail, mais aussi sur la sphère privée, jusqu’aux croyances qui sont imposées à ce que l’on peut appeler le peuple ! Le non partage
des richesses étant le corollaire de cette domination. Cette situation s’impose par l’hérédité des fonctions ! Et oui, il y a 1 600 ans la lutte des classes existait déjà !
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