MEETING ANTI-AUSTÉRITÉ

Publié le par Gérard PIEL

Hier au CAL Bon Voyage à Nice, Bob Injey a présenté le 1er meeting "anti-austérité" où sont intervenus José Berio, CGT La Poste; Franck Gaye, Sud Solidaires; Eric Ottorino, CGT Nice-Matin; Cécile Dumas, responsable nationale PCF, conseillère municipale d'Antibes; Philippe Gandin, conseiller municipal de Gattières "Ensemble !"; Hervé Lavisse, PG et moi-même qui ait conclu avec cette intervention :

Est-ce que vous savez que pendant six mois il y a eu une majorité de gauche au Sénat ?
Les six derniers mois de la présidence Sarkozy où, bien que fragile avec seulement six voix de plus que la majorité, la gauche, toute la gauche de l’hémicycle se retrouvait sur des votes importants comme le droit de vote des étrangers extracommunautaires aux élections locales, pour refuser la TVA sociale ou le conseiller territorial…
Puis, le 6 mai 2012 François Hollande a été élu y compris avec les voix du Front de Gauche. En quelques semaines, celles et ceux qui parlaient fort, souvent plus que les sénateurs Front de Gauche, ont changé de tout au tout.
Les sénateurs socialistes, mais pas que, parlaient de changer la vie et c’est eux qui ont changé !
Le reniement a été rapide avec le refus de voter une loi d’amnistie pour les syndicalistes, avec le refus de voter l’abrogation de la réforme territoriale de Sarkozy. Depuis, des pratiques autoritaires ont été employées pour couper court au débat comme celui sur l’ANI avec l’article 44-3.
Alors, à quoi sert le Senat ?
Cette question nous la poserons dans le cadre de la Constituante pour la 6e République ; faut-il garder cette assemblée ?
D’autres ne se posent pas ce genre de question, il suffit de voir la foire d’empoigne à droite pour y placer affidés et proches (très proches même). Quand on voit comment tous les sénateurs sortants oublient leurs votes et même écrivent dans leur circulaire tout le contraire de ce qu’ils ont validé !
La réforme ou plutôt la casse de nos territoires s’est construite sur la base de celle proposée par Sarkozy.
Pour notre département, cela veut dire la fusion – absorption du département et de la métropole. Cette mégalopole à deux têtes Estrosi – Ciotti devenant hégémonique.
Cela veut dire le regroupement des communes en intercommunalité avec un seuil minimum de 20 000 habitants.
Cela veut dire la disparition des communes en 2020.
Cela veut dire une région qui pourra prescrire des schémas comme par exemple la Charte Régionale d’Aménagement du littoral (CRAL) ayant force de loi !
Enfin, la suppression de la clause de compétence générale va supprimer des centaines d’associations culturelles, sportives, solidaires…
Par exemple, sans cette clause le Conseil régional n’aurait pas pu financer les centres sociaux de Fréjus attaqués par le FN.
Le big-bang territorial est au cœur de la campagne des élections sénatoriales que nous menons avec Catherine Cohen-Seat, Jean Nicolas, Anne Manauthon, Philippe Gandin, Emmanuelle Gaziello et Pippo Oliveri.
Mais elle doit être aussi beaucoup plus largement au cœur d’une campagne nationale pour refuser cette casse de nos territoires y compris en exigeant un referendum afin que le peuple se prononce.
L’autre axe de campagne qui, lui aussi ne s’adresse pas qu’aux grands électeurs, c’est l’austérité !
Celle-ci touche de plein fouet les collectivités par les réductions drastiques des dotations de l’Etat qui ne sont pas un cadeau mais les moyens financiers qui vont avec les transferts de charges, par exemple pour la Région ce sont les lycées, les TER, la formation professionnelle, etc…
Prenons le Conseil régional Provence Alpes Côte d’Azur :
- en 2013 cette dotation était de 613 millions d’euros
- en 2014 de 596 millions d’euros
- en 2015 il est prévu 482 millions d’euros soit -20%
Quand François Hollande annonce 50 milliards d’économie, il prend une partie de ce pactole dans les budgets utiles qui servent à répondre aux besoins de la population y compris en investissant et du coup en créant de l’emploi !
Ce qu’il prend dans nos poches, dans vos poches, il le reverse aux grands patrons du MEDEF et à leurs actionnaires, pour quel résultat ?
Le chômage ne cesse d’augmenter. Il n’y a jamais eu autant de pauvres en France et de riches aussi mais eux sont domiciliés en Belgique ou en Suisse.
Le découragement et l’exaspération gagnent du terrain, la colère prend le pas sur la résistance et la lutte, l’individualisme sur le collectif.
La crise sociale, économique et écologique est aussi une crise démocratique, l’abstention progresse d’élection en élection, l’extrême-droite est en embuscade et surfe sur la désespérance qu’entretiennent les médias y compris ceux du service public.
Les soi-disant grands partis PS et UMP règlent leurs problèmes à coup de procès, d’exclusions, Cahuzac ou Balkany, Thevenou ou Guéant.
La politique ce n’est pas cela et je me félicite que des syndicalistes soient venus prendre la parole ce soir. Ils ont fait preuve de moins de frilosité que d’autres responsables politiques pourtant invités !
Je ne dis pas cela pour les accabler ou les montrer du doigt mais le temps presse pour rassembler autour d’une autre politique vraiment à gauche !
Nous, nous n’attendons pas 2 017 et ses revenants mis en examen ou une fausse Jeanne d’Arc gonflée de haine et vide de propositions.
Il y a des luttes dans cette région croyez-moi, elles sont nombreuses avec des salariés qui réfléchissent, innovent comme à Nice-Matin.
D’autres se battent dos au mur depuis des mois, des années pour réduire les décisions nocives du gouvernement, à l’hôpital, à la SNCF, à la SNCM, à l’Education nationale, à la Poste…
Ces travailleurs sont bien-sûr capable de se défendre (ça oui) quant aux réductions d’effectifs, à la dégradation des conditions de travail mais nous devons ensemble construire des alternatives politiques à ces mauvais coups. C’est ce que nous faisons à Nice-Matin, avec FRALIB, avec la SNCM…
Sans attendre 2017 ou je ne sais quel sauveur suprême, dans les Alpes-Maritimes avec cette droite autocratique qui ne voit que les intérêts particuliers de telle ou telle écurie électorale et une extrême droite qui, pour certains, est une source d’inspiration. N’y-a-t-il pas urgence à s’organiser, à résister ?
Dans ce département n’y a–t-il pas de problèmes d’emplois, de logement, de sauvegarde du littoral ? N’y a-t-il pas des combats à mener pour des transports collectifs de qualité et gratuits, pour rénover la ligne Nice-Breil-Cuneo, les Chemins de fer de la Provence, l’OIN, etc ?
Alors agissons, rassemblons-nous, redonnons à la gauche ses fondements !
Nous ne sommes pas des spectateurs. Nous ne sommes pas des commentateurs.
Nous sommes des acteurs de l’alternative, des facilitateurs du rassemble
ment.

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