Les cahiers d’Antibes (11)

Publié le par Gérard PIEL

L’épopée des Templiers chère au maire de Biot, Dermit, qui a rendu hommage la semaine dernière à ces prévaricateurs, se déroule dans le même temps que l’expansion de l’abbaye de Lerins à Vallauris. Le 12e siècle constitue pour le monastère le siècle de l’expansion foncière.
Les moines sont de redoutables spéculateurs. Ils escroquent littéralement Pierre de Mison qui détenait les trois quarts de Vallauris pour la maison de Grasse qui signe un document où il s’engage à transmettre ses biens s’il venait à mourir sans enfant. Ce qui fut fait illico presto !
Rapide, l’abbaye fait certifier sa propriété. C’est à cette époque que la délimitation entre Vallauris et Antibes a été actée (1315).
Le monastère se conduit de la même façon que les Templiers à Biot, exploitation à outrance de l’espace, des terres et des habitants. Il transforme les marais de Golfe-Juan en salines et prive les paysans libres de terres agricoles. Ceux-ci en sont réduits à voler pour survivre ce qui déclenche des représailles féroces de la part du prieuré de Vallauris qui fait pourchasser les manants par les gens d’armes,
La solidarité entre les pauvres est pourtant réelle et permet au petit peuple de résister peu ou prou à ces ecclésiastes durs en affaires et précurseurs du patronat le plus rétrograde.
Ils créent, par exemple, un impôt sur le sel alors que les populations d’Antibes et de Vallauris bénéficient du « franc salé » qui les exempte.
C’est la première fois que s’organise réellement la résistance de la population. En 1241 à Antibes, les premiers magistrats municipaux sont créés.
Barthélemy Arbaud, Barthélemy de Moans, Pierre Curel sont les premiers syndics.
Ainsi le peuple d’Antibes depuis très longtemps s’est donné des représentants face au pouvoir. Dès le 14e siècle, ces représentants « les syndics » vont servir d’interfaces avec les seigneurs, évêques, baillis. Ces syndics se constitueront   en assemblée « l’université des hommes d’Antibes ».
En 1307, c’est l’université qui organise la désobéissance et la protestation des antibois contre l’obligation d’acheter leur sel au grenier de Grasse.
Ne nous y trompons pas, ce début d’organisation communale se fait quand même avec des proches de l’évêque. Il n’y a pas d’élection ni même d’assemblée délibérante.
La création de l’université permet même à certains moments de faire prendre en charge par cette assemblée certaines dépenses, par exemple la reconstruction des murailles.
Réunis au moins une fois par an, convoqués par le crieur, les chefs de familles appelés aussi constituants, forment l’assemblée.
La présence est obligatoire sous peine d’amende de cinq sous. Si cette obligation s’appliquait aujourd’hui à toutes les assemblées, il y aurait des élus qui seraient pénalisés (Thierry Mariani !).
Petit à petit, le fonctionnement, les règles de cette assemblée se formalisent dans ce qui sera « la charte d’Antibes ».

Publié dans Cahiers d'Antibes

Commenter cet article

jallamion lucien 02/04/2010 08:12



un petit rappel historique que j'ai personnellement aprécier connaissant un peu votre région. Connaître son histoire est utile pour nous montrer le chemin et nous rappeler que de tout temps les
puissants ont toijours voulue briser le peuple mais heureusement celui-ci a su résister.


Etant amateur de l'histoire (c'est mon dada lorsque mes activité politique m'en laisse le loisir) j'apprécie cet article www.ljallamion.fr